DÉCLARÉ ABSENT

Enquête sur une disparition

Une disparition c’est un écran blanc et des questions sans réponse.

Luc a disparu depuis dix ans.

Son entourage semble avoir tourné la page.

Pas Tatiana. Elle jure qu’il a été assassiné.

Si Tatiana dit vrai, quelqu’un jouit de l’impunité pour un meurtre qui sera bientôt prescrit.  

Le temps presse, trouver la vérité, c’est maintenant ou jamais.

Qui pourrait avoir envie de mettre le doigt dans l’engrenage ?

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Pour vous faire une idée , lisez quelques lignes…

Extrait de Déclaré absent

Lorsque Liv s’est approchée d’elle, Lucie a aussitôt levé les mains pour signifier qu’il faut respecter les gestes barrière, un geste aussi efficace qu’une décharge de deux-cent- vingt volts. Liv est parcourue d’un frisson lorsqu’elle croise le regard de Lucie, cette femme a quelque chose de glaçant, elle lui fait l’effet d’une androïde.

Lucie ne cherche pas à faire semblant, elle ne marque d’intérêt pour personne. Vide de tout affect lorsqu’elle approche un de ses semblables. Liv ne peut s’empêcher de penser qu’elle a dû déployer des ruses d’insecte pour se reproduire. Elle éprouve immédiatement de l’empathie pour ce Luc qu’elle n’a jamais vu.

Ondine accompagne sa mère, à la manière d’un accessoire, la ressemblance est hallucinante, comme si Lucie s’était reproduite par parthénogénèse. La fille se comporte comme un satellite et ne fait rien par elle-même, elle attend chaque fois le feu vert de sa mère pour faire ou dire quelque chose.

Elle ne paraît pas avoir dix-huit ans, comme maintenue de force dans l’enfance. Cent pour cent oie blanche.

Liv remarque la bague que la jeune-fille porte au majeur : une bague en or blanc ornée de motifs enlacées, une bague d’homme trop épaisse pour ses doigts fins. L’occasion inespérée de trouver quelque chose à lui dire. Elle-même collectionneuse de bagues, Liv complimente Ondine sur son bijou. L’adulescente, déclare que c’est un cadeau de sa mère pour ses dix-huit ans sans omettre de lancer un regard d’adoration à sa bienfaitrice.

Un peu écoeurée par cette relation fusionnelle mère-fille, Liv se force à complimenter la mère :

— Très jolie bague, c’est un bijou de famille ?

Lucie sourit, ou plutôt, un léger étirement de ses yeux laisse deviner qu’elle sourit derrière son masque qu’elle ne retire qu’à regret pour avaler une gorgée de champagne. Elle se contente de remercier pour le compliment. Un sourire opaque destiné à remplacer une réponse qu’elle ne fera pas, un sourire aveugle qui s’accorde avec un regard sans tain Le genre de femme qui vous dit merci quand vous lui souhaitez la bonne année sans renvoyer aucun vœu en retour. Liv se fait la remarque que son expression ne serait pas différente si elle avait des billes de verre à la place des yeux. La machine à claques s’est mise en marche dans la tête de Liv. Distribution gratuite pour la mère et sa fifille schlack ! schlack !

A la recherche d’une présence amie, son regard se pose sur Tatiana, l’associée de Fidel, en train de boire une coupe de champagne avec l’expert-comptable dont la présence est requise chaque année pour répondre aux questions de Lucie.

Liv croise parfois Tatiana lorsqu’elle vient rejoindre Fidel au cabinet. Elle éprouve de la sympathie pour cette femme chaleureuse et s’étonne que Fidel sache si peu de choses à son sujet. Incapable de lui dire si quelqu’un partage sa vie.

Fidel ne se pose pas beaucoup de questions au sujet de son associée. Il plaisante, Tatiana, c’est une relation de travail. Sa vie privée ne me regarde pas, je ne saurais pas te dire si elle est hétéro, lesbienne ou bi. 

Le cabinet marche bien, ils sont spécialisés dans les bâtiments et maisons à ossature bois et aussi dans les maisons en bois.

Fidel, très créatif s’occupe plutôt des plans et Tatiana, des rapports avec les clients et fournisseurs et du suivi des chantiers. Non, Fidel ne lui fera pas gober qu’il ne sait rien au sujet de cette femme qu’il connait depuis plus de dix ans. Dring ! Vibration de la petite alarme intérieure qui signale que quelque chose cloche…

L’air se fige d’un seul coup. Tatiana a tourné la tête vers Ondine qu’elle regarde fixement, splash, elle laisse tomber sa coupe qui éclabousse l’expert-comptable en se brisant.

Tous les regards se tournent vers Tatiana qui part en trombe sans même s’excuser. Liv croise le regard de Fidel qui fait la tête de celui qui tombe de l’armoire.

Prétextant aller chercher une balayette, Liv quitte la pièce pour se porter au secours de Tatiana.

Celle-ci, dont le teint est mat, est devenue crayeuse. Elle est en proie à une émotion terrible, elle tremble de tous ses membres.

— Je dois sortir, je ne peux plus respirer.

Liv ne se le fait pas dire deux fois, l’aide à se relever et la soutient pour la conduire jusqu’à sa voiture.

— Je vous emmène aux urgences ?

— Non, ça va aller si vous pouvez me conduire chez moi.

Liv conduit sans dire un mot, le moment n’est pas au bavardage. De temps en temps elle jette un coup d’œil sur sa passagère qui pleure en silence, deux sillons de larmes coulant le long de ses joues. Tatiana habite près de la Bastille sur le boulevard Beaumarchais. Le charme de l’ancien bien rénové, volume de l’espace, moulures, cheminées et parquets de chêne blanchi. Une fois chez elle, Tatiana se détend comme si elle était hors de danger.

Liv propose de préparer du thé. Sur les indications de Tatiana, elle tombe sur une collection de thés et en pioche un au hasard. Tatiana semble se décongeler au fur et à mesure qu’elle ingurgite le liquide chaud. Lorsqu’elle a fini son thé elle se lève et dit qu’elle veut lui montrer quelque chose.

Elle place un étui à bijoux devant Liv.

— Ouvrez-le.

Liv, médusée, découvre la réplique exacte de la bague portée par Ondine, en version femme toutefois. A l’intérieur de l’anneau est gravée l’inscription Luc et Tatiana.

— Vous voulez dire que vous et Luc…

— Oui, nous avions une liaison. On s’aimait, il voulait divorcer. Luc m’avait offert cet anneau en attendant qu’on puisse se marier. Nos deux noms étaient aussi gravés à l’intérieur du sien.

— Et ça vous a fait un choc de voir réapparaitre la bague au doigt de sa fille ?

Tatiana la regarde fixement.

— Ce qui m’a fait un choc c’est qu’il aurait fallu lui couper le doigt pour lui enlever cette bague.

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